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Main Points
Madagascar s’apprête à marquer le premier anniversaire du soulèvement populaire de l’automne 2025, un mouvement porté par la génération Z qui a conduit au départ de l’ancien président Andry Rajoelina. À la suite de cette crise politique et de l’intervention d’une partie de l’armée, le colonel Michaël Randrianirina a été porté à la présidence de la Refondation.
Près d’un an après ces événements, la question de la nature du pouvoir provisoire en place demeure centrale. L’analyse se concentre sur la capacité des autorités actuelles à préparer une transition électorale ou, à l’inverse, à prolonger leur mandat au-delà des délais initialement prévus.
Sur le plan juridique, l’article 53 de la Constitution prévoit normalement la tenue d’une élection présidentielle dans un délai de trente à soixante jours après la constatation de la vacance du pouvoir. Toutefois, la décision n°13-HCC/D3 de la Haute Cour constitutionnelle, rendue le 6 novembre 2025, a introduit une flexibilité. Son article 5 permet le report du scrutin sous le contrôle de la Cour, en fonction de conditions politiques, sécuritaires, financières et techniques. Cette décision ne fixe aucune date butoir ni durée maximale de prolongation, ce qui soulève des interrogations sur la durée de l’intérim.
L’Indice de pérennisation du pouvoir (IPP) de Diapason, qui mesure divers facteurs tels que la maîtrise du calendrier, le fonctionnement des institutions et la personnalisation du pouvoir, affiche un score de 62,6 % au 10 septembre 2026, un chiffre stable par rapport au 22 août. Selon les analystes, ce score reflète une dynamique de consolidation du pouvoir sans pour autant constituer une mesure de popularité ou une probabilité de victoire électorale.
Le calendrier politique est marqué par l’organisation d’une concertation nationale. Les consultations dans les fokontany doivent débuter le 14 septembre 2026, avec une phase nationale prévue entre mars et mai 2027. Cette échéance laisse peu de temps pour traduire les conclusions en propositions concrètes avant la période électorale envisagée entre mai et juillet 2027, un décalage qui fait l’objet d’une attention particulière de la part des observateurs.
Parallèlement, le gouvernement intervient dans la gestion des ressources essentielles. Un accord signé le 27 août 2026 entre la société publique d’approvisionnement (SPM) et des opérateurs pétroliers prévoit la mobilisation de 60 millions de litres de gasoil, dont 20 millions en prêt et 40 millions destinés à la vente. Cette mesure vise à sécuriser l’approvisionnement du marché, bien que son impact à long terme et les conditions financières de ces contrats restent à évaluer.
L’hypothèse dominante au sein des analyses actuelles reste celle d’une conversion électorale, où le pouvoir en place chercherait à transformer sa position institutionnelle en légitimité issue des urnes. La qualité de cette transition dépendra de la capacité des autorités à garantir une compétition ouverte, à assurer la transparence des dépenses publiques et à permettre l’expression des contre-pouvoirs.
Article and image source: madagascar-tribune.com

