Plan américain, veto russe : surprise à l’ONU où la mission au Sahara n’est pas reconduite

Le Conseil de sécurité des Nations unies n’est pas parvenu à renouveler le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), qui expire ce samedi 31 octobre. Cette situation inédite fait suite à un blocage diplomatique survenu vendredi 30 octobre lors d’un vote au sein de l’instance onusienne. Le projet de résolution, porté par les États-Unis, visait à prolonger la mission pour une durée d’un an tout en plaçant le plan d’autonomie marocain au centre du règlement du conflit. Ce texte prévoyait notamment de renommer la force « Minuso », en supprimant la référence explicite à l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour ce territoire, considéré par l’ONU comme non autonome. La Russie, soutenue par la Chine et la Somalie, a opposé son veto à cette proposition, dénonçant une « approche unilatérale ». Moscou a plaidé pour une reconduction du mandat dans ses termes initiaux. En réponse, les États-Unis ont voté contre la proposition russe, tandis que les autres membres ayant soutenu le texte américain se sont abstenus. L’ambassadeur américain, Mike Waltz, a regretté que certains membres du Conseil aient utilisé leur veto pour « préserver la lettre R – pour le référendum », arguant que les Nations unies ne se préparent plus à organiser un tel scrutin depuis plusieurs décennies. Le cabinet royal du Maroc a salué cette issue, qualifiant la non-reconduction du mandat de « pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations unies ». À l’inverse, le représentant de l’Algérie à l’ONU, Amar Bendjama, a remercié la Russie et les pays ayant refusé de s’associer à ce qu’il a qualifié d’« injustice manifeste », réaffirmant le soutien de son pays au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Le représentant du Front Polisario à New York, Sidi Omar, a également exprimé sa satisfaction face au rejet du texte américain. Le conflit du Sahara occidental, qui oppose le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario soutenus par l’Algérie, dure depuis cinquante ans. Le plan d’autonomie marocain, présenté par Rabat en 2007, propose une autonomie sous souveraineté marocaine pour ce territoire. Les négociations entre les parties prenantes — le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie — sont interrompues depuis 2019. Les membres du Conseil de sécurité ont appelé à la poursuite des discussions pour assurer l’avenir de cette mission de maintien de la paix, qui comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026.

Article source: JeuneAfrique | Image credit: JeuneAfrique

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